Dimanche matin...
Imaginez...
Eh bien, non, ce n'était pas vraiment au programme ce matin...
Je reprends...
Imaginez...
Samedi soir, vous êtes rentrée de soirée vers 1h, vous êtes allée vous coucher avec l'espoir de pouvoir dormir un peu le dimanche matin et de tenter de récupérer de votre semaine. Vous dormez profondément quand soudain vous sursautez au doux son de votre sonnette. Ce qu'elle peut être agressive, cette p°$* de sonnette ! Vous regardez votre réveil : 9h. Impossible, vous avez dû rêver. Et puis si c'était les pompiers ils insisteraient, on sentirait la fumée, on verrait les gyrophares (ah, non, les volets sont fermés). Bref, vous vous rendormez, enfin vous essayez...
Quelques minutes plus tard, rebelotte. Bon, en fait c'était pas un rêve... Vous vous levez péniblement, le regard vitreux et marchant comme un zombie. Vous vous dirigez d'un pas hésitant vers votre oeil de porte afin de savoir qui peut bien oser vous déranger à cette heure si matinale. Vous reconnaissez votre voisine, et vous pensez franchement qu'elle exagère de venir vous réveiller parce qu'il lui manque de la farine pour son gâteau. Mais vous vous décidez quand même à ouvrir, oubliant au passage que vous êtes pieds nus, en nuisette et pas très fraîche (on n'est pas à ça près). Et soudain, vous apercevez l'objet du délit : y'a du vomi partout dans le couloir et jusque... devant votre paillasson. A en croire la couleur et l'odeur, il devait y avoir pas mal de vin dans l'estomac de l'auteur des faits...
"Oh mon Dieu, mais quelle horreur !!" que vous lâchez en boucle, regrettant vraiment de vous être levée. Et ne pensant même pas que vous figurez dans le haut de la liste des suspects en pareilles circonstances... On vous demande alors si vous êtes sortie la veille, si vous aviez des invités... Vous avez soudain la très désagréable impression que votre si charmante voisine est devenue inspecteur de police, et vous vous sentez dans la position du condamné qui clame son innocence. Vous niez devant l'évidence : "non, c'est pas moi, qui ai vomi jusque devant chez moi"... J'vous jure !!
Connaissant votre inhabileté à vous défendre, vous craignez de vous enfoncer. Heureusement, vous pouvez compter sur votre passif de charmante voisine gentille, polie et serviable. "Bon de toutes façons, ça ne doit pas être vous : vous avez l'air en forme ce matin" (ah, vraiment, vous trouvez ?!). L'interrogatoire continue et vous vous souvenez que vous avez entendu du bruit après vous être couchée. Mais savoir si ça venait d'en bas ou d'en haut, difficile à dire... En même temps, vous vous dites que l'auteur des faits serait un peu con d'être monté du 1er où il festoyait jusqu'à votre 2ème étage (où alors il était vraiment bien bourré...).
Aurait-il prémédité le vomi jusque devant chez vous pour dissimuler les preuves ?
A cette heure, le coupable n'a pas encore été identifié. Il est probablement loin...
Le comité des voisines m'a finalement fait entière confiance, et m'a accordé le droit de me recoucher. Je les ai laissées dans leur embarras et en les entendant passer la serpillière, je me suis dit que j'étais bien contente de ne pas faire partie du syndic !

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